Vivre sans GAFAM, c’est possible ?
Les Big Tech américaines ont tellement envahi notre quotidien que s’en passer est devenu presque impensable. Mais si les remplacer n’était finalement pas si difficile que ça ? ChatEurope vous a préparé un guide étape par étape.
Que ce soit dans nos boîtes mail, messageries instantanées ou encore sur les réseaux, les géants de la tech américaine ont totalement intégré nos identités numériques. À tel point qu’on ne questionne même presque plus leur omniprésence – et notre dépendance à leurs services. Comme le note une jeune femme dans notre micro-trottoir, “t’en as besoin, tu télécharges et hop, c’est parti.”
Pourtant, une minorité grandissante d’Européens nage à contre-courant : inquiets pour leur données personnelles, ils se tournent vers des alternatives aux GAFAM (Google, Amazon, Microsoft, Apple et Meta), changeant tout du stockage cloud aux navigateurs qu’ils utilisent.
Protection des données et vie privée
Au-delà des habitudes bien ancrées et de la facilité, c’est surtout le manque d’informations qui pose obstacle au changement. Selon un sondage IFOP de mars dernier, près de 40 % des Français seraient prêts à boycotter les plateformes américaines, mais ne sautent pas le pas faute de voir d’autres possibilités.
Alors, à ChatEurope, on a décidé de vous préparer un petit guide avec des exemples concrets et ressources où trouver des alternatives aux Big Tech, à retrouver dans la vidéo ci-dessus ou dans la suite de l’article. Car en réalité, il y a le choix !
Elvina Ageycheva, une Youtubeuse qui a fait toute une série comparant des applis américaines et européennes, recommande notamment d’aller voir du côté de sites comme Go European ou European Alternatives.
Ceux-ci permettent de filtrer par catégorie, rechercher des applications et plateformes que vous utilisez déjà et trouver des services made in Europe offrant des fonctionnalités similaires.
“J'ai trouvé un grand nombre d’entreprises qui offrent les mêmes services, voire plus, que leurs équivalents américains”, explique-t-elle.
Elle cite par exemple Deepl, un outil de traduction allemand qui “surpasse largement” Google Translate, ou encore Vivaldi, un navigateur norvégien doté d'un VPN gratuit intégré. Celui-ci est d’ailleurs proposé par Proton, une société tech suisse spécialisée dans la protection de données que Ageycheva a également adopté pour ses mails et stockage drive.
Des obstacles structurels
Mais ces alternatives se heurtent encore à certaines limites : beaucoup pêchent encore en termes de design, de financement et surtout, manquent d’utilisateurs pour créer un effet d’entraînement de masse. Par ailleurs, comme le souligne Ageycheva, il faut aussi prendre des obstacles structurels.
“Tu peux faire ce choix dans ta vie perso, mais il y a aussi l’environnement dans lequel on évolue, par exemple au bureau”, explique-t-elle. “Microsoft et Google ont tellement monopolisé le milieu du travail et donc si c’est ce qu’utilise votre entreprise, tu ne peux pas faire grand-chose.”
La même logique s’applique d’ailleurs aux applis de messagerie : changer tout seul ne fait pas sens, ou il n’y aura personne avec qui échanger.
“Donc oui, en théorie, c’est possible de vivre sans Google et co., mais seulement si les grandes organisations, qui consomment et rapportent le plus aux géants de la tech, suivent également le mouvement”, conclut Ageycheva.
Morgane Anneix