Un éco-score textile : la solution pour mesurer l’impact environnemental d'un vêtement ?

Imaginez un nutri-score pour les vêtements … Émissions de gaz à effet de serre, consommation d’eau, durabilité : chaque vêtement pourra être associé à une note, permettant aux consommateurs de se rendre compte de l’impact environnemental de leur potentiel achat. Cet éco-score textile, mis en place en France et validé par la Commission européenne, devrait être déployé à partir du 1er octobre.

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Est-on prêt à consommer mieux quand il s'agit de vêtement ? Selon une étude de l'Agence européenne de l'environnement, les Européens consomment près de 26 kg de textiles par an et en jettent environ 11 kg. En cause : le grand succès des enseignes de “fast fashion”, ou enseignes de mode ultra-éphémères, devenues très populaires grâce à leurs prix attractifs. Elles sont souvent accusées, par les défenseurs de la cause environnementale, de le faire aux dépens de la qualité, avec des matériaux qui viennent des quatre coins du monde. Ces habits sont souvent moins durables et incitent à une consommation plus régulière, polluant ainsi encore plus. Pour rappel, la quantité d’eau douce utilisée pour produire, distribuer et traiter en fin de vie d’un jean varie entre 3500 et 7000 litres d’eau, selon les agences de l’eau

Face à ce constat, le gouvernement français a réfléchi pendant des années à un moyen de rendre transparentes toutes les informations liées à l’impact environnemental des vêtements auprès des consommateurs. Après avoir été validé par la Commission européenne, le projet d'affichage environnemental a été détaillé par le gouvernement le 9 septembre 2025.

Chiffre élevé = impact environnemental fort

L’éco-score textile s’inspire largement du nutri-score qui s’est, lui, installé dans le quotidien des Français depuis 2017. En un coup d'œil, et sans la moindre connaissance nutritionnelle, ce logo permet d’avoir un premier avis sur la qualité d’un aliment. Il en sera de même pour cet affichage sur les vêtements : plus le chiffre indiqué sur l’étiquette est élevé, plus son impact environnemental (mesuré de la conception à la vente) est élevé.

Parmi les critères retenus figurent les émissions de gaz à effet de serre ; les atteintes à la biodiversité ; la consommation d'eau et d'autres ressources naturelles ; la durabilité et enfin, les effets des pollutions des milieux et des environnements.

Mais comment s’assurer de son efficacité ? Des marques qui proposent un “baromètre environnemental” alternatif pointent du doigt certaines limites. L’entreprise Clear Fashion, par exemple, propose à certaines marques d’évaluer leurs vêtements avec une note qui va de 0 à 100 - avec des critères différents de ceux choisis par le gouvernement français. Ces derniers reprochent ainsi au gouvernement de mettre tous les vêtements sur une même échelle, jugeant de la même façon une paire de chaussettes et une veste, ou de ne pas prendre en compte des critères sociaux dans l’évaluation du vêtement.

Bruno ESTEBAN GARAY