Parlez-vous le jargon de l'UE?
Des sigles à foison, une forte dose d'anglais, une touche de français, un zeste d'allemand: petit lexique de survie pour une plongée dans les arcanes de l'UE.
Spitzen quoi?
Le "Spitzenkandidat" est une espèce qui refleurit tous les cinq ans à Bruxelles. Ce mot allemand désigne le candidat tête de liste d'un parti politique pour un scrutin. Pour les élections européennes, le "Spitzenkandidat" du parti ayant remporté le plus grand nombre de sièges au Parlement est proposé pour la présidence de la Commission européenne.
Ce système a fonctionné une fois, en 2014, avec Jean-Claude Juncker. Mais en 2019, l'Allemand Manfred Weber, candidat du Parti populaire européen (PPE), principale formation au Parlement, a été recalé par Emmanuel Macron. Sa compatriote, l'ex-ministre de la Défense Ursula von der Leyen, qui n'avait pourtant pas participé à la campagne, avait alors été propulsée à la tête de la Commission à la suite d'un accord franco-allemand.
QMV: quésaco?
Ce sigle est l'abréviation de "Qualified majority vote", ou "vote à la majorité qualifiée". Il s'agit du mode de vote le plus courant au sein du Conseil de l'UE --institution représentant les Etats membres--, à côté du vote à la majorité simple et du vote à l'unanimité. Il nécessite le vote favorable de 55% des États membres, représentant au moins 65% de la population de l'UE.
Coreper, comment?
Il s'agit d'un acronyme français désignant le Comité des représentants permanents, regroupant les ambassadeurs des pays membres auprès de l'UE. Ces derniers se réunissent régulièrement pour préparer les travaux du Conseil, et représentent un rouage essentiel de la prise de décision au sein de l'UE.
Attention, il existe un Coreper I et un Coreper II en fonction des sujets traités. Contrairement à ce que l'on pourrait croire, les sujets du Coreper II ne sont pas secondaires, puisqu'ils touchent aux affaires étrangères, économiques, financières et intérieures.
Un, deux, trois Conseils
Le Conseil européen réunit régulièrement les chefs d'Etat ou de gouvernement des pays de l'UE, et il est actuellement présidé par l'ancien Premier ministre belge Charles Michel. Ce poste fait partie des "top jobs" de l'UE --comme ceux notamment des présidents de la Commission et du Parlement-- qui feront l'objet de tractations à l'issue des élections européennes, en fonction des résultats.
A ne pas confondre avec le Conseil de l'UE, souvent appelé simplement Conseil, qui est l'enceinte au sein de laquelle les ministres des 27 pays se réunissent pour négocier et adopter les législations.
Et ne surtout pas confondre avec le Conseil de l'Europe, qui n'est pas une institution de l'UE: cette organisation de défense des droits de l'homme siège à Strasbourg, comme le Parlement européen, et compte 46 Etats membres.
Trilogue, intrigant
Dans le processus législatif, l'un des moments-clés est le trilogue: c'est une réunion de négociation entre des représentants de la Commission, du Conseil et du Parlement destinée à trouver un compromis sur un texte. Plusieurs trilogues sont souvent nécessaires sur les dossiers les plus difficiles. Et les tractations se prolongent parfois tard dans la nuit.
HR/VP, SVP?
Autre "top job" de l'UE: celui du HR/VP. Un sigle obscur pour désigner le Haut représentant de l'UE aux affaires étrangères et vice-président de la Commission: ce poste de chef de la diplomatie européenne est actuellement occupé par l'Espagnol Josep Borrell.
Par Anne-Laure Mondesert