Rapprochement avec le Canada, protection des enfants en ligne, migrants, canicules, déficit avec la Chine : la Commission présente ses priorités
Rapprochement inédit avec le Canada, protection des enfants en ligne, réponses aux problèmes de migrants et de vagues de chaleur, réduction du déficit commercial avec la Chine... : la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a présenté les priorités des Vingt-Sept dans son discours solennel au Parlement européen à Strasbourg, le 16 septembre.
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Le Canada pourrait devenir "premier membre associé" de l'UE. La proposition de la présidente de la Commission a été lancée devant le Premier ministre canadien Mark Carney, salué par une ovation debout des parlementaires européens, sur fond de désamour avec les Etats-Unis de Donald Trump. Le statut de membre associé n'est pas juridiquement défini par les traités de l'UE. Mais l'Allemagne a récemment proposé que l'Ukraine en bénéficie.
"Nous voulons élever les relations avec le Canada au plus haut niveau possible (...) Je voudrais donc œuvrer avec vous à la possibilité pour le Canada de devenir le premier membre associé de l'UE."
"Nous voyons le monde avec les mêmes yeux: de l'IA au changement climatique, de l'Arctique à la géopolitique."
Protection des enfants et adolescents en ligne. La Commission propose d’interdire les réseaux sociaux aux moins de 13 ans et des "mini-comptes" aux fonctions limitées pour les moins de 15 ans.
"Pas de réseaux sociaux avant l'âge de 13 ans" et "pas de compte personnel avant 15 ans". "Ainsi, les enfants entre 13 et 15 ans ne disposeront que de mini-comptes, installés et surveillés par leurs parents, avec des fonctionnalités restreintes et une durée d'utilisation limitée. Et pour les 15-18 ans, les plateformes seront tenues d'adopter une conception sécurisée".
Migrants. Un nouveau mécanisme de "réponse d'urgence" à des crises migratoires est envisagé, après l'afflux fin juillet de milliers de migrants dans l'enclave espagnole de Ceuta.
Un "cadre européen de réponse d'urgence" répondrait notamment à des situations où "des mouvements de masse sont orchestrés et utilisés comme arme". "Il ne sera déclenché que sur la base d’un ensemble de critères strictement définis", permettant "une flexibilité limitée dans le temps".
Vagues de chaleur. Après les canicules records et les incendies de forêt de l’été dernier, l’exécutif européen présentera prochainement un plan de lutte contre les vagues de chaleur. Ursula von der Leyen a évoqué plus de 35.000 décès supplémentaires dus à ces phénomènes.
Fin octobre, la Commission doit proposer une loi sur la « résilience climatique ».
"Nous avons besoin de systèmes d'alerte précoce plus efficaces et d'une meilleure préparation sanitaire. Nous avons besoin d'adaptation et de refroidissement au niveau des zones urbaines. Et nous devons soutenir les plus vulnérables".
"L'Europe peut, doit et va maintenir le cap sur ses objectifs climatiques".
Déficit avec la Chine. L’UE doit utiliser tous les outils dont elle dispose pour réduire son énorme déficit commercial, attribué à des pratiques déloyales de Pékin et qui entraîne la désindustrialisation en Europe.
"Nous utiliserons tous les outils dont nous disposons pour rééquilibrer notre relation. Parler, c'est bien. Agir, c'est mieux".
"Notre déficit commercial avec la Chine s'élève aujourd'hui à 1 milliard d’euros par jour. Il a atteint un point de bascule".
Création d’un Conseil européen de sécurité. La Commission propose de créer un tel organisme association l’UE, le Canada, la Norvège et le Royaume-Uni, face à la recrudescence des crises. Dans son cadre, un protocole de sécurité d'urgence serait similaire à l'article 4 du traité de l'Otan, qui prévoit des réunions de crise entre les membres de l'Alliance.
"L'urgence est encore plus grande aujourd'hui, au vu de la nature et de l'ampleur des risques en jeu. C'est pourquoi nous exposerons nos idées pour qu'un Conseil européen de sécurité devienne réalité ».
Maîtriser la course à l'IA. L'Union européenne va réunir des grands acteurs de l'intelligence artificielle, afin de soutenir les efforts du secteur visant à ralentir le développement des modèles d'IA les plus risqués.
"J'inviterai les principaux laboratoires d'avant-garde à discuter du soutien à apporter aux efforts actuels de l'industrie pour ralentir la course."
"La loi sur l’IA est bien sûr une pièce maîtresse des garde-fous que nous voulons mettre en place. Et, grâce à elle, l’Europe est à même de façonner les efforts à mener à l’échelle mondiale."
Lutte contre les "ultranationalistes" et "antieuropéens". La présidente de la Commission appelle à la mobilisation contre les tendances ultranationalistes et antieuropéennes, dans le contexte de la récente victoire électorale régionale de l'extrême droite allemande et de sondages favorables au Rassemblement national en France, à environ six mois de l'élection présidentielle.
"Qu'il s'agisse d'ultranationalistes ou d'antieuropéens, d'ingérences russes ou de désinformation, les noms changent, mais l'objectif est le même. Ils méprisent nos valeurs et veulent briser l'unité européenne. Alors luttons contre cela, mais luttons aussi ensemble pour notre idée de l'Europe."
"Voulons-nous mobiliser autour du projet européen, qui est de décider ensemble de notre destin? Ou laisserons-nous nos démocraties être sapées par les relais et les marionnettes des régimes autoritaires ?"