Moyen-Orient : une réponse plus forte de la BCE n'est pas nécessaire, juge Lagarde

La présidente de la Banque centrale européenne, Christine Lagarde, a déclaré lundi qu'une réaction plus forte face au conflit au Moyen-Orient n'était pas nécessaire, l'inflation devant revenir vers l'objectif de 2% dans les prochaines années.

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La BCE a relevé son taux principal sur les dépôts de 0,25 point de pourcentage en juin, une première depuis près de 3 ans pour signaler qu'elle n'entend pas tolérer durablement une inflation alimentée par le conflit au Moyen-Orient.

Aux yeux de l'institution, l'impact complet de la guerre sur l'inflation et la croissance à moyen terme dépendra de l'intensité et de la durée du choc sur les prix de l'énergie, ainsi que de l'ampleur de ses effets sur les salaires et les prix finaux des entreprises, dits de "second tour".

Mais "à ce stade", la BCE ne constate pas de "désancrage des anticipations d'inflation ni d'effets de second tour qui justifieraient une réponse de politique monétaire plus énergique", a déclaré lundi Mme Lagarde lors d'une audition devant le Parlement européen.

L'institution basée à Francfort observe en outre que "le public n'anticipe pas actuellement une inflation durablement élevée", ce qui soutient "la stabilisation de l'inflation autour de la cible à moyen terme", a déclaré Mme Lagarde.

Cela conforte les gardiens de l'euro dans leur scénario d'un retour de l'inflation à 2%, contre 3% actuellement.

Mme Lagarde a néanmoins souligné que la situation reste incertaine : "l'accord de paix au Moyen-Orient (signé la semaine dernière) est bienvenu, mais la situation reste fragile, avec des risques de revers ou de nouvelle escalade".

Dans une note publiée lundi, les analystes de Capital Economics s'attendent désormais à ce que la BCE maintienne son taux de dépôt inchangé jusqu'à la fin de l'année, avant de le réduire en 2027, sur la base d'une prévision d'inflation légèrement plus faible que prévu auparavant.

par Jean-Philippe Lacour