La France veut que les traversées de migrants vers l'Angleterre soient un "enjeu européen"

Les traversées de la Manche par des migrants vers l'Angleterre doivent devenir davantage "un enjeu européen", a réclamé la France aux autres pays de l'Union européenne.

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"Nous parlons d'une frontière extérieure de l'Union européenne (...) et donc à enjeux européens, nous devons avoir des discussions européennes", a insisté la ministre française Marie-Pierre Vedrenne, avant une réunion avec ses homologues de l'UE à Luxembourg.

La Commission européenne doit présenter aux Vingt-Sept un plan d'action sur l'immigration dans la Manche.

La France voudrait davantage de soutien dans la lutte contre les passeurs et dans les contrôles. 

Et Paris souhaite que ce dossier sensible sorte de la seule discussion franco-britannique pour être davantage pris en charge par l'UE dans ses échanges avec le Royaume-Uni.

En avril 2026, Paris et Londres ont conclu un nouvel accord pour trois ans visant à empêcher les migrants sans papiers d'entreprendre la traversée de la Manche. Dans le cadre de cet accord, la France s'est engagée à renforcer de plus de moitié les effectifs des forces de l'ordre sur la côte.

Ces traversées de migrants "ce sont des flux difficiles et toujours attractifs vis-à-vis de la frontière extérieure avec le Royaume-Uni. Donc avoir cette discussion" entre les Vingt-Sept est "fondamental", a insisté Marie-Pierre Vedrenne, ministre déléguée auprès du ministre de l'Intérieur.

En 2025, 41.472 migrants ont entrepris cette traversée périlleuse sur de petites embarcations, soit le deuxième nombre le plus élevé après le record de 45.774 enregistré en 2022, selon les autorités britanniques.

Au total, depuis 2018 et le début des comptages, plus de 200.000 migrants ont accosté en Angleterre après avoir traversé la Manche, selon la même source.

En Belgique, les autorités s'inquiètent d'un nouveau phénomène, encore limité, de départ de migrants vers l'Angleterre. 

Depuis janvier, 425 personnes y ont été arrêtées avant de gagner la mer, alors qu'aucun migrant n'avait été intercepté en Belgique en 2025.

A en croire les policiers, bourgmestres et ONG contactés par l'AFP, le phénomène s'explique en grande partie par le durcissement des mesures prises par la France pour lutter contre ces traversées de son côté de la frontière. Même si le trajet est plus long.

Cette nouvelle tendance frustre le gouvernement belge, qui veut tout sauf apparaitre laxiste sur ce dossier.

A vol d'oiseau, la Belgique est à plus de 80 kilomètres de l'Angleterre -- contre les 30 km qui séparent les plages du nord de la France des côtes anglaises.