La Commission européenne, bras exécutif de l'UE
Gendarme du numérique et de la concurrence, négociatrice des accords commerciaux, gardienne des traités, la Commission européenne est aussi la seule institution de l'UE à proposer de nouvelles législations, ensuite amendées et approuvées par les eurodéputés et les Etats membres.
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Le bras exécutif de l'UE est souvent appelé "Bruxelles", du nom de la ville où sont installés une grande partie de ses 32.000 collaborateurs -- moins que les quelque 50.000 employés de la mairie de Paris.
Son siège, le "Berlaymont", une cathédrale de verre en forme d'étoile, domine le quartier européen de la capitale belge. La présidente Ursula von der Leyen y dispose d'un studio, à côté de son bureau au 13ème étage.

La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, lors d'une conférence de presse au siège de l'UE à Bruxelles, le 10 juin 2025. Nicolas Tucat / AFP
L'Allemande dirige le "collège des commissaires", composé de 27 membres, un par pays de l'UE.
Choisis par leur gouvernement, ils reflètent la diversité politique de l'Union. Les conservateurs y sont actuellement dominants mais doivent composer avec des sociaux-démocrates, des libéraux, des Verts et désormais avec des membres de partis d'extrême droite.
Nommés pour cinq ans, leur poids est inégal, en partie corrélé à celui de leur pays, et le Berlaymont est réputé pour être le théâtre d'intenses luttes d'influence.
Chacun est en charge d'un portefeuille spécifique (affaires économiques, commerce, justice, concurrence, marché intérieur, agriculture, énergie...).
Visages de l'UE pour le grand public, les commissaires pilotent leurs dossiers comme des ministres. S'ils donnent les grandes orientations, une grande partie du pouvoir se trouve au sein de l'appareil administratif organisé en directions générales qui supervisent des centaines d'experts.
L'un des membres du "collège" est désigné "haut représentant pour les affaires étrangères et la politique de sécurité", chargé de coordonner entre les Etats membres une diplomatie commune. A ce poste, l'Estonienne Kaja Kallas succède à l'Espagnol Josep Borrell.

La Haute Représentante de l'Union européenne pour les affaires étrangères et la politique de sécurité, Kaja Kallas, s'exprime lors d'un débat au Parlement européen à Strasbourg, dans l'est de la France, le 18 juin 2025. Frederick Florin / AFP
La Commission participe à l'élaboration de la stratégie de l'UE. Chaque année en septembre, le discours de la présidente sur l'état de l'Union est un moment fort de l'institution. Il présente les priorités politiques et donne un aperçu des nouveaux règlements et directives à venir.
L'exécutif européen propose les législations, après avoir sondé l'opinion des pays membres et mené un long travail d'analyse et de consultation des citoyens ou entreprises concernés. Il est ensuite chargé de faire appliquer les textes qui auront été amendés et validés par le Parlement européen et le Conseil qui réunit les 27 Etats membres.
Depuis l'an dernier, la Commission assume un nouveau rôle de gendarme du numérique en supervisant notamment les champions américains de la tech.
Elle dispose de longue date d'importants pouvoirs en matière de concurrence déployés ces dernières années pour réprimer les abus de position dominante de Google, Microsoft ou Apple à coups d'amendes géantes, ou encore pour éviter que les fusions brident la concurrence.
Elle veille au respect des traités et peut à ce titre engager des procédures d'infraction contre les pays de l'UE, jusqu'à les sanctionner financièrement, même si en pratique cela s'avère délicat, comme le montrent les tensions avec la Hongrie de Viktor Orban.
Bruxelles possède une compétence exclusive en matière commerciale. Elle négocie de nombreux accords de libre échange, comme actuellement celui avec le Mercosur.