L'UE entame les discussions sur une réforme de sa diplomatie

Le mercredi 2 septembre, l'Union européenne a commencé en Irlande à discuter, avec prudence, d'une réforme de son service diplomatique, que plusieurs pays, dont la France et l'Allemagne, jugent peu efficace.

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La diplomatie de l'UE souffre, depuis ses débuts en 2011, des divisions entre ses Etats membres - 27 actuellement - et entre les institutions des Vingt-Sept.

C'est en principe la haute représentante Kaja Kallas, une ancienne Première ministre estonienne, qui a la haute main sur la politique extérieure de l'Union, qu'elle s'efforce de coordonner pour que les Européens parlent d'une seule voix.

Mais sa marge de manoeuvre est limitée face aux pays de l'Union européenne, dont les divisions paralysent souvent son action, au Moyen-Orient par exemple, comme le dénoncent plusieurs capitales. Elle souffre aussi des empiètements de la Commission européenne et de sa présidente Ursula von der Leyen, toujours prête à donner de la voix sur les sujets de politique extérieure.

La France et l'Allemagne ont dans ce contexte présenté leurs idées le 2 septembre à l'occasion d'une réunion à Wicklow, près de Dublin, des chefs de la diplomatie des Etats de l'UE.

L'idée est de "renforcer le rôle de la haute représentante, de soutenir l'action que mène aujourd'hui Kaja Kallas", a expliqué le ministre français des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot. Dans un texte rédigé il y a quelques semaines et dont l'AFP a obtenu une copie, Paris suggère, entre autres, de transférer une partie du service diplomatique de l'UE à la Commission européenne, afin de rationaliser son action, tout en accroissant l'autorité et le rôle de Mme Kallas.

Le service diplomatique de l'UE emploie quelque 5.500 personnes pour un budget d'un peu moins d'un milliard d'euros.

"Ces propositions ont suscité quelques controverses, nous en débattrons", a toutefois reconnu M. Barrot.

Les Vingt-Sept n'ont d'ailleurs, dans leur ensemble, guère manifesté d'enthousiasme, a assuré de son côté Mme Kallas.

"Ce que les Etats membres ont dit aujourd'hui, c'est qu'il existe un large soutien en faveur de l’actuel cadre institutionnel. Donc il ne devrait pas être modifié mais mieux mis en œuvre", a dit la cheffe de la diplomatie de l'UE.

Celle-ci n'a pas caché que le problème venait certes des divisions entre les Etats membres mais aussi de la volonté de Mme von der Leyen, à s'occuper de diplomatie.

"Nous avons déjà eu des situations où quelqu'un au‑dessus de moi prenait en fait la décision, et là, vous savez bien que ça ne marche pas comme ça", a-t-elle affirmé.

Le ministre allemand des Affaires étrangères Johann Wadephul a proposé à ses collègues d'à nouveau débattre du sujet au cours d'une réunion à Berlin, dont la date n'a pas été précisée, a de son côté fait savoir devant la presse son homologue italien Antonio Tajani.