L'Islande commence à voter sur une reprise des négociations d'adhésion à l'UE

L'Islande a ouvert le27 juillet le vote anticipé dans le cadre du référendum du 29 août sur une éventuelle reprise des négociations d'adhésion de l'île à l'Union européenne, officiellement interrompues depuis 2015.

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Les électeurs doivent répondre à la question suivante: "L'Islande doit-elle rouvrir les négociations d'adhésion avec l'Union européenne?".

Les opinions semblent très partagées dans le pays de quelque 400.000 habitants. Dans un sondage publié le 29 juin par Gallup, 52% des 1.993 personnes interrogées répondaient par l'affirmative et 48% par la négative. 

Les trois partis de la coalition de centre-gauche, au pouvoir depuis fin 2024, avaient convenu d'organiser un référendum avant la fin 2027.

L'Islande avait déposé sa candidature à l'adhésion en 2009, après la crise financière qui avait terrassé son économie, mais les négociations avaient été officiellement interrompues en 2015.

En cas de réouverture des négociations, le principal point d'achoppement concernera les questions de la pêche et de l'agriculture, au cœur de l'économie islandaise. 

A l'occasion de la visite du chef de la diplomatie française Jean-Noël Barrot en Islande le 20 juillet, la ministre islandaise des Affaires étrangères Thorgerdur Katrin Gunnarsdottir avait juré d'être "ferme" et d'obtenir "un bon accord sur la pêche" et l'agriculture.

L'Islande a déjà accès au marché unique européen grâce à son adhésion à l'Espace économique européen (EEE) qui l'oblige à adopter une grande partie de la législation européenne. Elle est également membre de l'espace Schenghen mais ne fait pas partie de l'union douanière européenne.

Si le oui devait l'emporter le 29 août, un second référendum serait nécessaire sur la question de l'adhésion elle-même.

Venu à Reykjavik le 20 juillet, le ministre français des Affaires étrangères a affirmé que l'Islande "n'a absolument rien à perdre" à négocier avec l'UE. 

"Le vote du 29 août ne préjuge de rien, il ne concerne en aucun cas l'adhésion à l'Union européenne, mais l'ouverture de négociations. L'Islande n'a absolument rien à perdre à négocier avec l'Union européenne, a-t-il dit lors d'une conférence de presse avec Mme Gunnarsdottir.

"L'histoire de l'Islande a montré que la coopération avec l'Europe était bénéfique pour le peuple islandais. La question s'est déjà posée par le passé, mais le monde a changé, l'Union européenne a changé et notre relation a changé", a-t-il ajouté, estimant que l'Islande faisait "partie intégrante de la famille européenne".

Mme Gunnarsdottir voit dans l'adhésion de l'Islande à l'UE "une occasion de renforcer la sécurité économique" mais aussi la sécurité du pays face à la crainte d'actions de guerre hybride contre les infrastructures islandaises ou de désinformation russes.

Avec l'UE, "nous voyons un groupe de nations partageant les mêmes idées qui ont encore une voix", a-t-elle confié, ne cachant pas que les velléités en janvier du président américain Donald Trump de s'emparer du Groenland n'étaient pas étrangères à l'accélération du calendrier qui était prévu pour ce référendum.

Reykjavik, qui ne dispose pas d'armée permanente, fait reposer sa sécurité sur son appartenance à l'Otan et sur un accord bilatéral avec les Etats-Unis.

"Nous sommes aux côtés des Groenlandais, ce sont nos amis, presque comme des frères et sœurs et le côté où nous nous situons est très clair", a-t-elle affirmé. 

"Il était important de voir avec quelle détermination l’Union européenne est intervenue, et a utilisé son pouvoir, en se tenant aux côtés du Danemark et du Groenland dans cette affaire", a-t-elle salué.

Quant aux très sensibles questions de la pêche et de l'agriculture, la ministre islandaise a estimé que "l'Union européenne sera dure, mais nous serons encore plus durs, nous serons plus fermes et nous négocierons. Et nous espérons obtenir un bon accord sur la pêche, sur l'agriculture, (...) qui sont directement liés à notre identité nationale".

Au cours de sa visite en Islande, la première pour un ministre française des Affaires étrangères en 26 ans, Jean-Noël Barrot a également signé une feuille de route avec son homologue pour renforcer la coopération entre les deux pays, aussi bien dans le domaine de la sécurité, notamment dans l'Arctique, que de la protection et la gestion durable des océans, la décarbonation, l'éducation ou les sciences.