L'Europe incapable de réduire les émissions de CO2 dans ses importations, alerte une ONG

Energie, textile, viande... L'Union européenne ne parvient pas à baisser les émissions de CO2 liées à ses importations, l'un des points faibles de sa politique climatique, a alerté une fondation environnementale, le mardi 8 septembre à Bruxelles.

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La Fondation européenne pour le climat a dévoilé un outil en ligne qui mesure les émissions de gaz à effet de serre liées au commerce international entre 2010 et 2023 (emissions.netzerotrade.org).

Et ce "tracker" montre que l'Union européenne n'arrive pas à réduire ses émissions dans les produits qu'elle importe, particulièrement en provenance de Chine.

En 2023, les émissions importées représentaient ainsi 35% de l'empreinte carbone de l'UE, soit 8 points de plus qu'en 2015.

Car les émissions de gaz à effet de serre du bloc européen liées à ses importations stagnent, tandis que ses émissions domestiques diminuent.

Dès lors, les émissions importées représentent une part de plus en plus importante dans le total.

Certes l'Europe est en train de mettre en place des mesures pour réduire les émissions dans les importations, notamment des lois contre la déforestation ou les émissions de méthane, âprement combattues par une série de pays, dont les Etats-Unis. 

Mais elles sont loin de couvrir l'ensemble des secteurs, déplore Samuel Leré, de la Fondation européenne pour le climat.

Au niveau mondial, le commerce international représente plus de 20% des émissions totales, montre aussi l'outil lancé mardi.

"Autrement dit, plus d’une tonne de CO2 sur cinq est émise pour produire un bien ou un service qui sera consommé dans un autre pays que celui où il a été produit", explique la Fondation.

Depuis 1995, les émissions de gaz à effet de serre liées au commerce international ont augmenté plus rapidement que les émissions mondiales, avec un écart de 10 points sur la période 1995-2023.

"Ça ne veut pas dire qu'il faut arrêter la mondialisation, mais il faut échanger des produits décarbonés et discriminer ceux qui le sont pas", estime Samuel Leré, qui voudrait que l'Union européenne fixe des "standards de produits décarbonés" dans ses échanges avec des pays comme la Chine.

La Fondation plaide également pour la relocalisation d'une partie de la production et pour la sobriété, en réduisant la consommation d'énergies fossiles ou de viande bovine.

Au sein des Vingt-Sept, les Pays-Bas et la France pourraient prochainement lancer une initiative afin de mieux lutter contre les émissions importées, a indiqué Max van Geuns, un représentant du gouvernement néerlandais.