France : des maires d'extrême droite retirent les drapeaux européens de leurs mairies
Plusieurs maires du parti d'extrême droite Rassemblement national élus aux dernières élections municipales en France ont retiré les drapeaux européens des façades de leurs mairies, un geste soutenu par des cadres du parti et taxé de "populisme" par le gouvernement.
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"Dehors les drapeaux européens à la mairie ! Place aux drapeaux français", a écrit sur X le maire de Carcassonne (sud-ouest) Christophe Barthès, peu après son installation, accompagnant son message d'une vidéo où on le voit décrocher lui-même le drapeau européen, laissant les drapeaux tricolore et occitan.
Le nouvel élu de Cagnes-sur-Mer (sud), a publié une photo de la façade de l'hôtel de ville dénuée de drapeau européen. Celui de Harnes, dans le Nord, (Pas-de-Calais), Anthony Garénaux-Glinkowski, avait pris les devants dès son installation le 24 mars en retirant drapeaux européen et ukrainien.
"Vont-ils aussi refuser les fonds européens que touchent nos agriculteurs, nos entreprises pour la réindustrialisation, nos territoires ? Vont-ils rendre leurs indemnités du Parlement européen ?", s'est interrogé auprès de l'AFP le ministre chargé de l'Europe Benjamin Haddad.
"C'est du populisme qui montre que le RN n'a pas changé", a-t-il fustigé.
Aucun texte de loi n'oblige la présence du symbole européen sur les façades des mairies en France à l'exception du 9 mai, journée de l'Europe. La Constitution ne reconnaît que le drapeau tricolore.
Une proposition de loi visant à rendre obligatoire le pavoisement des drapeaux français et européen au fronton des mairies de communes de plus de 1.500 habitants avait été adoptée par l'Assemblée nationale en 2023. Transmise au Sénat, elle n'a pas été encore examinée par la chambre haute du Parlement.
En janvier, plusieurs mairies, en majorité de communes rurales, avaient aussi décroché le drapeau européen en soutien aux agriculteurs dénonçant le traité de libre-échange entre l'UE et des pays du Mercosur.