En cas de canicule, la chaleur n'est pas la seule à tuer
Média Agence France-Presse
Date samedi 24 août 2024
L'Espagne vient de sortir d'une vague de chaleur de 21 jours qui a englouti Madrid, Barcelone et Saragosse, faisant peser sur la santé une menace qui va bien au-delà de la température réelle.
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Spain has just recently emerged from a 21-day heatwave that engulfed Madrid, Barcelona and Zaragoza, posing a health threat which extends far beyond the actual temperature, according to Julio Diaz, a researcher at Madrid's Carlos III Health Institute.
- Isn't heat what kills during a heatwave? -
"The impact of heat on health is far more than just temperature... its effect can be felt across income levels, age groups, socio-economic conditions, healthcare, and different cultural approaches to heat," says Diaz.
"We divided Spain into 182 regions... and in each one, we worked out the temperature at which people start to die as a result of the heat. In Seville, 40 degrees Celsius (104 Fahrenheit) is not even classed as a heatwave, whereas in A Coruna (in northwestern Spain), the temperature which defines a heatwave is 26 degrees.
"When there is a heatwave, only 3.0 percent of mortality is due to heat stroke. Heat kills by aggravating other illnesses."
The effects on the body of exposure to high temperatures.
- Why are the first heatwaves the most deadly? -
"In the first heatwave (of the year) much more people are likely to be susceptible (to death) than the second because it claims the frailest, leaving fewer susceptible people in the second and fewer still in the third... That's why the first heatwave always has a greater impact on mortality. This is what in epidemiology we call the 'harvest effect'."
- Why are living standards a factor? -
"It's clear that the impact of heat is much greater in poorer neighbourhoods.
"It is not the same thing to experience a heatwave in a room with three people and one window and no air conditioning or fan, than going through the same thing in a villa with a swimming pool.
It's not even a question of having air conditioning or not, but about being able to turn it on. During this heatwave, the price of electricity in Spain skyrocketed."
Key sustainable solutions to combat heat stress for indoor workers.
- What is heatstroke? -
"Heatstroke happens when a person is exposed to high temperatures... and their body is not able to regulate that temperature. If you go out in the sun at 42C or exercise at those temperatures, your body is unable -- no matter how much it sweats, which is the main mechanism for regulating heat -- to lower and maintain its temperature at 37C.
When your body is no longer at 37C... your organs stop working properly, including your brain. Then hyperthermia sets in and the person can die."
- What is 'heat culture'? -
"In 2003, Europe suffered a brutal heatwave and 70,000 people died in 15 days. People were not prepared, and there were no prevention plans, which meant it had a brutal impact on mortality. Now nobody doubts that heat kills.
But people adapt. Between 1983 to 2003, for every degree above the temperature classed as a heatwave, the mortality in Spain increased by 14 percent. But after 2003, it barely increased by three percent.
In a city like Madrid, you never used to see older people wearing shorts but nowadays they all wear them -- you see them going out for a walk wearing a hat and with a bottle of water.
In places where they are used to having heatwaves, there are now much more air conditioning units and secondly, homes are much more adapted to cope with this heat.
People don't go out from 3:00 pm, that's why the siesta exists in Spain. And in the southern Andalusia region, the villages are painted white and the streets are wide so the wind can freely circulate."
By Marie Giffard
Ces traductions/sous-titres/voix-off ont été générés à l'aide d'une 'IA, sans vérification humaine, et sont proposées "telles quelles", comme indiqué dans les "Conditions générales d'utilisation".
Madrid - L'Espagne vient de sortir d'une vague de chaleur de 21 jours qui a englouti Madrid, Barcelone et Saragosse. Selon Julio Diaz, chercheur à l'Institut de santé Carlos III de Madrid, la menace pour la santé va bien au-delà de la température réelle.
- La chaleur ne tue pas seule ? -
"En dehors de la température, il y a bien d'autres choses qui influent sur la santé en cas de chaleur: le niveau de revenus, l'âge, les conditions socio-économiques, sanitaires, la +culture de la chaleur+...
Nous avons divisé l'Espagne en 182 régions ayant le même comportement climatique et pour chacune d'entre elles, on a calculé quelle était la température à partir de laquelle les gens commençaient à mourir à cause de la chaleur. Pour certaines villes, c'est la température maximale dans la journée qui compte, pour d'autres la minimale (la nuit).
40°à Séville (sud), ce n'est même pas la température qui définit une canicule. Mais à la Corogne (nord), ça commence à partir de 26°".
- Pourquoi dit-on que la première vague de chaleur est la plus dangereuse ? -
"Seulement 3% de la mortalité est attribuable aux coups de chaleur.
La chaleur tue en aggravant d'autres maladies: les problèmes respiratoires, cardio-vasculaires, neurologiques, rénaux.
Pendant la première vague de chaleur, il y a beaucoup plus de personnes susceptibles de mourir que pendant la deuxième, parce que les plus mal en point sont emportés par cette première vague. Et ainsi de suite à chaque vague. C'est ce qu'on appelle en épidémiologie +l'effet moisson+".
- Pourquoi le niveau de vie est-il un facteur ? -
"Il est clair que l'impact de la chaleur est beaucoup plus important dans les quartiers pauvres.
"Ce n'est pas la même chose de vivre une canicule dans une chambre avec trois personnes, une fenêtre et pas de climatisation ou de ventilateur, que de vivre la même chose dans une villa avec une piscine.
La question n'est même pas d'avoir la climatisation ou non, mais de pouvoir l'allumer. Pendant cette canicule, le prix de l'électricité en Espagne a explosé".
- En quoi le niveau de vie est-il déterminant? -
"On sait que dans les quartiers les plus pauvres, l'impact de la chaleur est plus important.
Il est évident que ce n'est pas pareil de vivre dans une chambre avec trois personnes et une seule fenêtre, sans climatisation ni ventilateur, que d'avoir une villa avec une piscine et la climatisation.
Et ce n'est pas seulement le fait d'avoir un climatiseur, mais c'est aussi de pouvoir l'utiliser. Pendant la vague de chaleur qu'on vient d'avoir (NDLR: 23 juillet-12 août), les prix de l'électricité ont explosé. C'est ce qu'on appelle la pauvreté énergétique".
- Qu'est-ce qu'un coup de chaleur ? -
"Un coup de chaleur, c'est lorsqu'une personne s'expose à de hautes températures et que son organisme n'est pas capable de réguler cette température. Même si on transpire, l'organisme ne parvient pas à ramener la température du corps à 37°. Alors les organes arrêtent de fonctionner normalement, y compris le cerveau. Il se produit une hyperthermie et on peut en mourir.
Le seul groupe dans lequel l'impact de la chaleur n'a pas baissé en Espagne, ce sont les 18-45 ans, parce que c'est là que se trouvent la plupart des gens qui travaillent ou qui font du sport dehors, les livreurs..."
- Qu'est-ce que la "culture de la chaleur" ? -
"En 2003, l'Europe a connu une canicule sans précédent avec 70.000 morts. Les gens n'étaient pas préparés, il n'y avait pas de plan de prévention. Maintenant, plus personne ne doute du fait que la chaleur tue.
Les gens s'adaptent: entre 1983 et 2003, pour chaque degré au-dessus de la température de référence définissant une vague de chaleur, la mortalité augmentait en moyenne de 14%. A partir de 2003, ce n'est plus que 3%.
Avant, les personnes âgées ne seraient jamais sorties en short dans une ville comme Madrid. Les femmes âgées étaient habillées en noir. A présent, les personnes âgées sont en short, avec une casquette, une bouteille d'eau.
Dans un endroit où on est habitué à la chaleur, les maisons sont adaptées. Les gens ne sortent pas à partir de 15H00. C'est bien pour ça qu'il y a la sieste en Espagne dans certains endroits. En Andalousie (sud), les villages sont blancs, les rues sont étroites pour que le vent circule bien...
On voit qu'à Paris, on installe de plus en plus de jardins sur les toits. Los Angeles est en train de peindre une grande partie de l'asphalte en blanc."
Par Marie Giffard. Infographie de Kenan Augeard, Jean-Michel Cornu