Des PFAS dans le sang d'une commissaire européenne

Pour alerter symboliquement sur la dangerosité des "polluants éternels" (PFAS), la commissaire européenne chargée de l'environnement, Jessika Roswall, a réalisé un test sanguin durant l'été dont elle a révélé les résultats lundi.

"Je ne fais pas exception (...) les résultats me démontrent que j'ai bien des PFAS dans mon sang, en particulier des produits toxiques pour la santé reproductive", a-t-elle déclaré, en marge d'une conférence de presse sur l'état de la nature en Europe.

Selon son équipe, Jessika Roswall a été testée positive à six des 13 PFAS analysés, dont trois considérés comme toxiques pour la santé reproductive, et au-dessus du seuil recommandé pour certains de ces polluants.

Les PFAS, ou substances per-et polyfluoroalkylées, sont une famille de produits chimiques synthétiques qui mettent énormément de temps à se décomposer.

Utilisés dans de nombreux objets (textiles, emballages alimentaires, ustensiles de cuisine, cosmétiques...) pour leurs propriétés antiadhésives, imperméabilisantes ou leur résistance à la chaleur, ils peuvent avoir des effets délétères sur la santé: augmentation du taux de cholestérol, cancers, effets sur la fertilité et le développement des fœtus...

L'Union européenne compte mettre sur la table en 2026 une proposition d'interdiction des PFAS dans les produits de consommation courante (boîtes à pizzas, vêtements), assortie d'exceptions pour des secteurs jugés indispensables, dans le domaine médical notamment.

La présentation de cette proposition de loi avait un temps été évoquée pour la fin 2025, mais les négociations s'avèrent difficiles avec les industriels.

La Commission européenne entend aussi réviser sa législation dite "Reach" qui encadre la fabrication et l'utilisation des substances chimiques dangereuses en Europe.

Jusqu'ici, l'exécutif européen prévoyait de présenter une loi avant la fin de l'année 2025. Mais il pourrait y avoir du retard là encore.

Le texte en préparation vient de recevoir un avis négatif d'une instance interne à l'UE qui évalue les études d'impact accompagnant les lois.

Ce comité "a demandé de réexaminer et de renforcer notre analyse, et nous y travaillons actuellement", a réagi Mme Roswall, sans confirmer de changement de calendrier à ce stade.

Les organisations environnementales s'en alarment déjà. Un report risquerait de "mettre en péril l’ambition de cette révision", "en attente depuis 2022", a réagi l'ONG Générations Futures.