Des ONG dénoncent une "vague de reculs environnementaux" en deux ans dans l'UE
Pesticides, déforestation...: dix ONG ont recensé lundi une "vague de reculs" environnementaux en deux ans dans l'Union européenne, pointant du doigt des votes de la droite et de l'extrême droite pour détricoter le Pacte vert ("Green Deal") du précédent mandat.
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Selon ces organisations environnementales, dont Greenpeace et le WWF France, vingt reculs écologiques ont été entérinés depuis le coup d'envoi du second mandat d'Ursula von der Leyen et "au moins trente" autres sont dans les tuyaux à ce stade.
Dans un rapport, ces ONG dénoncent la politique de simplification tous azimuts (les lois dites omnibus) engagée par la Commission européenne pour soutenir la compétitivité des entreprises.
Fin 2025, l'Union européenne a ainsi nettement assoupli une loi emblématique sur le devoir de vigilance environnementale des grandes entreprises, en réduisant le nombre de compagnies concernées et leurs obligations, dont celle de fournir des plans de transition climatique.
A la même période, eurodéputés de droite et d'extrême droite ont aussi mêlé leurs voix pour reporter à fin 2026 une loi européenne contre la déforestation.
Ces ONG critiquent également le déclassement du loup, une espèce qui est passée de "strictement protégée" à "protégée" afin de permettre davantage d'abattages face à l'augmentation de la population lupine.
Elles déplorent aussi la "fragilisation" de l'objectif climat de l'Union européenne en 2040, une baisse des émissions de gaz à effet de serre de 90% par rapport à 1990, qui a été assortie de flexibilités pour convaincre des Etats récalcitrants comme l'Italie.
Ce rapport liste "trente combats" en cours, dont la remise en cause par l'UE de l'interdiction à la vente des voitures thermiques neuves en 2035 ou un possible assouplissement de la législation sur le méthane, un gaz à effet de serre extrêmement polluant.
Et ces ONG s'opposent aussi au projet de Bruxelles d'autoriser certains pesticides de façon illimitée.
Sur ce dernier volet, la Commission européenne avait dénoncé un "débat artificiel", en affirmant que les autorisations illimitées ne concerneraient que des substances actives "à faibles risques", afin d'éviter un engorgement des procédures d'autorisation.
L'UE assure aussi régulièrement qu'elle maintient ses ambitions climatiques, en mettant notamment en avant l'accord scellé avec les Vingt-Sept sur sa trajectoire climatique en 2040.
Mais après un premier mandat marqué par la batterie de mesures environnementales du Pacte Vert, Ursula von der Leyen a placé son second mandat sous le signe de la compétitivité, pour tenter de relancer une économie européenne bousculée par la concurrence de la Chine et les droits de douane des Etats-Unis.
Cette politique traduit aussi le changement des équilibres au Parlement européen à Strasbourg depuis les élections de juin 2024, avec une droite consolidée et une poussée de l'extrême droite, à l'image du groupe des Patriotes de Jordan Bardella, troisième force dans l'hémicycle et fervent partisan de la remise en cause du Pacte vert.