Contrôle aux frontières : l'UE va "redoubler d'efforts" après l'alerte du secteur aérien

L'UE va "redoubler d'efforts" pour résoudre les problèmes liés aux nouveaux contrôles automatisés à ses frontières, qui entraînent de longues files d'attente dans les aéroports, a assuré le commissaire européen chargé des questions migratoires, Magnus Brunner, en réponse aux critiques du secteur aérien.

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Aéroports et compagnies aériennes ont vivement critiqué le 1er juillet, dans une lettre commune, ce nouveau système lancé à l'automne pour enregistrer les voyageurs non européens arrivant sur le territoire européen. Ils évoquent des temps d’attente "pouvant désormais atteindre jusqu'à 5 heures aux heures de pointe".

La Commission européenne "va désormais redoubler d’efforts pour aider les États membres qui rencontrent encore des difficultés", leur a répondu 48 heures plus tard M. Brunner, dans une lettre consultée par l'AFP.

Ce nouveau système mis en place remplace le tampon manuel sur le passeport et permet d'enregistrer les coordonnées et données biométriques des voyageurs, tout comme leurs dates d'entrée et de sortie, afin de suivre les dépassements de séjour et les refus d'entrée.

Il est en vigueur dans les pays de l’UE — à l’exception de l’Irlande et de Chypre — ainsi que dans d’autres pays faisant partie de l’espace Schengen, notamment la Suisse, la Norvège et l’Islande.

Afin de gérer la situation durant les vacances d'été, qui devrait voir transiter jusqu'à 40 millions de passagers supplémentaires, aéroports européens et compagnies aériennes ont réclamé que ces nouveaux contrôles puissent être entièrement suspendus en cas de forte affluence.

Une certaine flexibilité cet été 

Dans sa lettre, Magnus Brunner souligne que le nouveau système "mis en place avec prudence et progressivement" anticipait déjà les difficultés initiales et qu’il permettait une certaine flexibilité durant la saison des vacances d’été 2026 jusqu’au début du mois de septembre, en suspendant par exemple l’enregistrement des données biométriques. 

Et d'ajouter que d’autres facteurs sans lien avec ces nouveaux contrôles qui "rendent l’Europe plus sûre, jour après jour" pouvaient être également à l’origine des retards, tels le manque de personnel ou l’absence d’infrastructures adéquates.

Depuis octobre 2025, 110 millions de personnes sont entrées ou sorties de l’UE grâce à ce nouveau système — et plus de 44.000 personnes se sont vu refuser l’entrée, pointe M. Brunner —, la grande majorité d’entre elles en raison de l'absence de document de voyage ou de visa valide.

 Il y a "encore beaucoup à faire" pour mettre fin aux "problèmes" liés aux nouveaux contrôles automatisés aux frontières de l'UE, qui entraînent de longues files d'attente dans les aéroports européens, a reconnu de son côté la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen.

"Nous travaillons avec les Etats membres pour que ces problèmes techniques soient résolus", a-t-elle assuré lors d'une conférence de presse en Irlande, le 3 juillet.

Droits des passagers renforcés

Une autre décision européenne concernant le transport aérien a été adoptée le 7 juillet, à l’issue de longues négociations, malgré la pression des compagnies aériennes.

 Indemnisation préservée en cas de retard de plus de trois heures, procédure de remboursement plus claire et plus rapide : les députés européens ont voté le 7 juillet un texte renforçant les droits des passagers.

Après quelque 13 années de négociations ardues et un accord conclu entre États membres le 12 juin, le texte a été adopté à une écrasante majorité (646 voix pour, 12 voix contre) par les députés européens réunis en session plénière à Strasbourg.

Lors d'un débat la veille au Parlement européen, Andrey Novakov, rapporteur du texte et membre du PPE (droite) a expliqué s'être "battu avec acharnement" pour obtenir ce résultat. 

Cela "a pris beaucoup plus de temps que nous ne l'aurions souhaité. Et nombre d'entre nous auraient voulu aller encore plus loin", a reconnu de son côté le commissaire européen aux Transports Apostolos Tzitzikostas. "Mais nous y sommes parvenus : c'est la première refonte des droits des passagers aériens de l'UE depuis plus de vingt ans", a-t-il souligné, saluant une "excellente nouvelle" pour les voyageurs.

Le texte garantit les droits des passagers aériens, voire les renforce.

Il maintient ainsi une indemnisation de 250 à 600 euros, en fonction de la distance, en cas de retard de plus de trois heures à l'arrivée.

Une disposition dont le coût est évalué à 8 milliards d'euros par an par la Commission européenne et que les compagnies aériennes ont combattu sans succès. Selon elles, cela les pousse à annuler des vols plutôt qu'à les retarder, par crainte de décaler les vols suivants et de payer des indemnités en cascade.

Le texte prévoit aussi que les personnes accompagnant un enfant de moins de 14 ans pourront s'asseoir à ses côtés dans l'avion sans avoir à payer de supplément. 

Pas de frais supplémentaire non plus pour les passagers qui souhaiteraient corriger une éventuelle faute d'orthographe dans le nom de famille inscrit au moment de la réservation.

Les passagers en situation de handicap ou à mobilité réduite auront droit à une indemnisation de la part des compagnies aériennes s'ils ratent leur vol faute de mesures pour les aider à rejoindre la porte d'embarquement à temps.

Prix plus transparents

Par ailleurs, dans le but de comparer les offres de manière plus transparente, et d'éviter des mauvaises surprises au consommateur au moment de payer, les compagnies aériennes devront afficher un prix comprenant un bagage à main en cabine.

S'il a fallu autant d'années pour arriver à ce texte, c'est parce que les compagnies aériennes "exercent une influence considérable sur les gouvernements, ce qui rend les négociations très ardues", a avancé lors d'une conférence de presse organisée après le vote Andrey Novakov. 

"Il a fallu faire des compromis ici ou là", a ajouté le rapporteur du texte, expliquant par exemple n'avoir "pas réussi" à obtenir une revalorisation des indemnités pour compenser l'inflation, mais être en revanche parvenu à "imposer aux compagnies aériennes de contacter le passager dans un délai de quatre jours et de lui expliquer clairement la marche à suivre pour obtenir son indemnisation".

Une clarification qui doit aider les voyageurs à faire valoir leurs droits.

"L'Union européenne est souvent perçue comme déconnectée des citoyens" a souligné lors d'un point presse mardi la cheffe des eurodéputés Verts Terry Reintke, ajoutant: "Nous démontrons ici que nous nous soucions d'eux et que leurs droits sont au cœur de nos préoccupations".