C'est quoi l'espace Schengen ?
Créé en 1985, l'espace Schengen, l'un des acquis les plus concrets de l'Union européenne, est une zone de libre circulation qui comprend 25 des 27 pays de l'UE ainsi que leurs voisins associés que sont la Suisse, la Norvège, l'Islande et le Liechtenstein.
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Dans cet espace, plus de 400 millions de personnes peuvent en principe circuler sans être soumises à des contrôles aux frontières.
La Roumanie et la Bulgarie, membres de l'UE depuis 2007, ont été les deux derniers pays à rejoindre le 1er janvier 2025 la zone de libre circulation sur terre, après avoir déjà accédé en mars 2024 à "Air Schengen" avec la levée des contrôles dans les aéroports et ports maritimes.
La Croatie avait elle rejoint l'espace Schengen au 1er janvier 2023.
Ce vaste espace s'est construit très progressivement à partir de 1985, date d'un accord de principe conclu entre quelques gouvernements européens dans la localité luxembourgeoise de Schengen. Et la première suppression effective des contrôles aux frontières a eu lieu en 1995, entre la Belgique, l'Allemagne, l'Espagne, la France, le Luxembourg, les Pays‑Bas et le Portugal.
En contrepartie de cette libre circulation, les pays de l'espace Schengen doivent assumer un contrôle rigoureux des frontières extérieures de cet espace et s'engager à une coopération policière pour lutter contre la criminalité organisée ou le terrorisme.

Même si les frontières intérieures ne devraient plus exister que sur le papier dans l'espace Schengen, ses membres ont toutefois la possibilité de rétablir des contrôles exceptionnels et temporaires pour des périodes de six mois renouvelables. Et depuis 2015, un certain nombre de pays ont réintroduit de tels contrôles en invoquant la pression migratoire et/ou la menace terroriste. En novembre 2025, ils étaient dix à l'avoir fait.
Selon les règles de l'espace Schengen, dont une mise à jour a été adoptée par l'UE en mai 2024, ces contrôles sont autorisés à titre exceptionnel, en cas de menace grave pour l'ordre public ou la sécurité intérieure d'un Etat. Dans le cadre de la réforme de 2024, la durée maximale de ces contrôles, qui ne doit normalement pas excéder deux ans, a été portée à trois ans, "dans des situations exceptionnelles majeures".
En avril 2022, la Cour de justice de l'Union européenne (CJUE) avait rappelé à l'ordre plusieurs pays ayant renouvelé ces mesures d'exception depuis 2015, comme la France qui avait rétabli les contrôles à la suite des attentats de Paris du 13 novembre. Une telle mesure "ne peut pas dépasser une durée totale maximale de six mois" et toute prolongation doit être justifiée par "une nouvelle menace grave affectant son ordre public ou sa sécurité intérieure, qui est distincte de celle initialement identifiée", avait insisté la CJUE.
La France a prolongé une nouvelle fois ses contrôles le 1er novembre 2025 jusqu'au 30 avril 2026.
Autre exemple, l'Allemagne a rétabli des contrôles temporaires à toutes ses frontières en septembre 2024, au nom de la lutte contre l'immigration illégale, et les a de nouveau prolongés en août 2025, une mesure qui a entraîné des frictions avec ses voisins. La Commission européenne avait alors rappelé que des mesures de ce type devaient "rester strictement exceptionnelles" et être "proportionnées".
La Pologne a elle aussi rétabli des contrôles à ses frontières avec l'Allemagne et la Lituanie en juillet 2025 et a prolongé cette mesure jusqu'en avril 2026, également pour lutter contre la migration irrégulière.