Budget de l'UE: l'agriculture préservée, dans la première contre-proposition des 27

Les premières contre-propositions chiffrées des 27 pays de l'UE sur le futur budget européen, présentées jeudi, envisagent des économies modestes par rapport aux projets de Bruxelles, tout en préservant globalement les dépenses en faveur de l'agriculture.

spinner.loading

spinner.loading

La Commission européenne a proposé l'an dernier un budget total de 2.000 milliards d'euros pour l'Union européenne sur la période 2028-2034, en forte hausse par rapport au précédent cadre financier pluriannuel.

Chypre, qui exerce la présidence tournante du Conseil de l'UE, l'instance qui représente les Etats-membres, a dévoilé une première synthèse chiffrée des positions des Etats membres, censée servir de  base aux négociations avec le Parlement européen.

Cette ébauche de position commune des Etats, qui sera discutée lors d'un sommet des dirigeants européens la semaine prochaine, prévoit une "baisse modeste de 2%" par rapport au projet de la Commission, a précisé à la presse Marilena Raouna, vice-ministre chypriote des Affaires européennes.

Dans cette contre-proposition initiale, les dépenses pour l'agriculture et la cohésion sociale et territoriale resteraient largement épargnées, avec une réduction générale d'environ 0,5% pour ces deux postes, par rapport au projet de Bruxelles.

A l'inverse, le "fonds de compétitivité" et la politique extérieure de l'UE seraient moins bien dotés.

"Il s'agit d'un compromis qui prend en compte tous les avis au sein du Conseil. Nous avons entendu des voix fortes réclamant un budget plus ambitieux, et parallèlement, nous avons attentivement écouté celles qui demandaient des coupes budgétaires importantes", a expliqué la responsable.

Les 27 sont en effet très divisés, entre les pays dits frugaux qui défendent des baisses franches des dépenses, compte tenu des contraintes budgétaires nationales, et ceux qui veulent augmenter les fonds alloués à l'agriculture et à la cohésion, en levant de nouvelles taxes ou en recourant à l'endettement. Cette dernière solution n'a pas été reprise par Chypre.

Ce contre-budget est "hors de prix et déséquilibré", a fustigé le ministre néerlandais des Finances, Eelco Heinen, partisan de la rigueur.

Ces annonces sont à l'opposé de la position du Parlement européen, qui défend un budget plus généreux, financé par une taxe sur les géants du numérique.

"L'Europe ne peut continuer à faire peser un fardeau plus lourd sur les agriculteurs, les travailleurs et les contribuables tandis que des milliardaires comme Elon Musk continuent de profiter du marché unique sans y contribuer équitablement", a défendu l'eurodéputé et co-rapporteur du budget Siegfried Muresan (PPE, droite).

par Frédéric Pouchot