Le Rassemblement National veut "réduire de moitié" la contribution nette française à l'UE
Le président du Rassemblement national, Jordan Bardella, souhaite "réduire de moitié" la contribution nette de la France au budget de l'Union européenne en cas de victoire de son parti à l'élection présidentielle de 2027.
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"Au lieu de voter une contribution au budget de l'Union européenne à 12 ou 15 milliards (d'euros), eh bien, elle sera réduite de moitié", a déclaré Jordan Bardella lors d'un entretien accordé à Politico.
Le patron du RN, favori des sondages pour le scrutin de 2027, s'engage à aller négocier avec la Commission européenne pour réduire la contribution nette de la France qu'il juge "excessive".
"Nous demanderons à la Commission européenne de réduire, par exemple, ses dépenses de fonctionnement", a-t-il ajouté.
Le budget pluriannuel de l'UE pour la période 2028-2034 est actuellement au coeur des débats alors que Bruxelles espère trouver un accord d'ici à fin 2026, soit quelques mois avant la présidentielle française.
"L'idée est évidemment de verrouiller le budget avant potentiellement un changement de majorité en France. Et l'Union Européenne poursuit sa politique et sa philosophie profondément antidémocratique", a dénoncé Jordan Bardella.
Celui qui pourrait être le candidat du RN à l'élection présidentielle, si Marine Le Pen était empêchée par la justice de se présenter elle-même, a dénoncé "un scandale démocratique" et une Union européenne qui se considère "au-dessus des peuples".
Si son parti a abandonné depuis plusieurs années son projet de "Frexit", il n'a pas abandonné sa volonté de "tout changer sans rien détruire". Le patron du RN dénonce une UE "totalement obsolète", notamment sur les sujets de défense.
Porto, Milan..., en attendant Varsovie, mais pas Budapest
Cet entretien a été publié quelques jours après un déplacement à Bruxelles de Jordan Bardella lors duquel il s'est affiché le 11 juin avec le parti d'extrême droite flamand, le Vlaams Belang.
Le RN a multiplié récemment les rencontres avec des formations politiques européennes d'extrême droite dont il est traditionnellement proche. Avec l'objectif affiché de s'appuyer sur ces alliances pour peser dans les débats européens, en cas de victoire en 2027.
Au cours des derniers mois, le président du groupe des Patriotes au Parlement européen s'est ainsi affiché à Porto (Portugal), aux côtés du leader de l'extrême droite portugaise, André Ventura.
Ainsi qu'à Milan, enlaçant sur scène le vice-Premier ministre italien, Matteo Salvini, aux côtés d'autres dirigeants ultraconservateurs.
Il doit aussi se rendre les 18 et 19 juin en Pologne, selon une personne participant au déplacement.
Jordan Bardella a toutefois évité un meeting à Budapest quelques jours avant la défaite cuisante de Viktor Orban aux législatives hongroises, auquel participait Marine Le Pen.
Au-delà de ses partenaires classiques, que le RN retrouve de meeting en meeting, Jordan Bardella cherche aussi à élargir ses cercles. Il a multiplié les contacts avec les chancelleries étrangères au cours des derniers mois, échangeant avec les ambassadeurs des Etats-Unis, d'Egypte, des Emirats, d'Allemagne...
"Ça permet de nouer des liens politiques avec des pays ou gouvernements avec lesquels on se dit qu'on aimerait travailler", explique l'eurodéputé du RN Fabrice Leggeri à l'AFP.
"Convergences idéologiques" avec Merz
Le chef du RN avait ainsi lancé un appel du pied au chancelier allemand Friedrich Merz mi-mai, soulignant ses "convergences idéologiques" avec le dirigeant conservateur, notamment en matière de contrôle des frontières et de l'immigration. Quitte à s'attirer en retour des critiques de l'extrême droite allemande.
La présence du président du RN à Bruxelles le 11 juin a été critiquée par un collectif de dizaines d'associations belges.
Elle "participe à la normalisation d'un camp politique dont l'histoire, les alliances et le programme restent incompatibles avec l'égalité", écrivent-elles dans un communiqué. Quelques centaines de personnes ont manifesté sous une pluie battante pour s'opposer à cet événement.