How European law protects women from cyberbullying

Sexual and sexist violence is gaining ground on social networks. And women are particularly at risk. In response to this scourge, the European Union has adopted directives and regulations to protect victims and hold digital platforms accountable. But are they really effective?

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Menaces, insultes, diffusion d'images intimes sans consentement... Les violences virtuelles en ligne se multiplient sur Internet. Ces dernières années, les femmes sont particulièrement concernées, comme le révèlent plusieurs études. Selon un rapport de l'Unesco datant de 2020, 58 % des filles et des jeunes femmes ont été victimes d'une forme de harcèlement en ligne.

Parmi elles, de nombreuses créatrices de contenus. La streameuse française âgée de 29 ans Ultia a été victime de cyberharcèlement en octobre 2021 pour avoir dénoncé en direct une situation sexiste. "J’espère que tu te fais violer en sortant de chez toi, que quelqu’un t’étrangle et te fracasse la gueule", lui assène un homme âgé de 23 ans à l'époque pendant un live. Les mois passent et les messages haineux continuent. La vidéaste décide alors de porter plainte. En février dernier, l'homme a été condamné à 12 mois de prison, dont six ferme, et deux autres à des peines de prison avec sursis par le tribunal correctionnel de Paris. Sa peine s’accompagne d'un stage de sensibilisation au respect des personnes dans l’espace numérique.

"La lutte contre les violences sexistes et sexuelles demande une certaine forme de courage politique" 

Mais rares sont les cas de violences sexistes et sexuelles (VVS) en ligne qui se soldent devant la justice. Le phénomène, qui dépasse généralement le cadre des frontières, est difficile à enrayer. Face à ce fléau, la Commission européenne a adopté en avril 2024 une directive  qui reconnaît un certain nombre de violences en ligne : le cyberharcèlement, le 'revenge porn' ou encore les propos haineux. Une feuille de route a également été publiée le 7 mars 2025 pour mieux protéger les femmes des VSS.

"Les violences virtuelles ont des impacts très graves dans la vie des femmes et des victimes en général", rappelle Lucie Daniel, responsable de plaidoyer pour l'association féministe Equipop, avant de souligner l'importance de l'éducation et de la prévention pour y remédier. "C'est un sujet qui demande une certaine forme de courage politique, et qui n'est pas toujours là dans les pays européens."

Sur ce dossier, l'Union européenne peut également s'appuyer sur le Digital Services Act, qui vise à renforcer la responsabilité des plateformes dans la modération, la régulation et la sanction des contenus illicites.

Thaïs Chaigne