Mehrere EU-Länder fordern mehr Einfluss in der Arktis

Schmelzendes Eis macht die Polarregion zugänglicher – und sicherheitspolitisch umkämpfter. Zwölf EU-Staaten fordern deshalb mehr gemeinsames Engagement. Reichen dafür neue Eisbrecher?

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"La sécurité dans l'Arctique doit être assurée collectivement", ont plaidé ces Etats, parmi lesquels figurent la France, le Danemark et la Suède, dans une déclaration commune à l'issue d'un sommet à Rovaniemi.

Pour la cheffe de la diplomatie européenne, Kaja Kallas l'Europe a avant tout besoin de brise-glaces.

"Compte tenu de la situation actuelle mais aussi du changement climatique et de l'ouverture des routes maritimes, nous sommes tous d'accord (sur le fait) que nous avons besoin de brise-glaces, de davantage de brise-glaces ou de navires capables de naviguer dans ces conditions très difficiles", a dit Mme Kallas.

Elle s'exprimait au cours d'une conférence de presse à l'occasion de ce sommet UE-Arctique à Rovaniemi, dans le nord de la Finlande, après avoir été interrogée sur un éventuel financement européen pour l'achat de brise-glaces construits dans le pays hôte.

On ignorait dans l'immédiat si, avec ces propos, Mme Kallas soutenait un effort européen d'acquisition en commun ou si elle encourageait les Etats-membres à renforcer leurs capacités dans ce domaine.

Plusieurs pays, notamment en Europe du Nord, disposent déjà de leurs propres brise-glaces. 

"Etape par étape"

En Europe, "cette capacité en matière de brise-glaces est l'une de celles dont nous avons réellement besoin", a dit le Premier ministre finlandais, Petteri Orpo, pendant la même conférence de presse. 

"C'est vrai que nous pouvons construire ces navires et que nous disposons d'une grande expertise dans ce domaine mais nous devons avancer étape par étape", a-t-il ajouté.

Le chancelier allemand Friedrich Merz a, lui aussi, dit soutenir cette proposition.

"Nous savons que nous avons absolument besoin de brise-glaces et ce n'est pas seulement une question qui concerne la Finlande, la Norvège ou la Suède. C'est un enjeu pour l'ensemble de l'Union européenne, pour tout le continent européen", a-t-il affirmé.

La Chine, la Russie et les Etats-Unis renforcent leur présence dans la région stratégique qu'est l'Arctique, notamment afin d'accéder à d'immenses ressources naturelles, qui deviennent de plus en plus accessibles à mesure que la glace fond et que de nouvelles routes maritimes s'ouvrent, sous l'effet du changement climatique.

En octobre, les Etats-Unis ont annoncé l'achat de 11 brise-glaces à la Finlande pour les garde-côtes américains, qui ne disposent actuellement que de trois de ces navires, des bâtiments vieillissants.

La Russie, quant à elle, dispose de longue date d'une flotte importante de ce type de bâtiments. Elle tente de promouvoir le passage nord-est, le long de son littoral septentrional, en tant que route maritime intercontinentale permettant de relier en un temps plus court l'Asie orientale et l'Europe. 

La Commission européenne doit pour sa part présenter une nouvelle stratégie pour l'Arctique dans les prochaines semaines.

L'intérêt porté à l'Arctique s'est considérablement accru depuis l'adoption, en 2021, de la dernière politique de l'UE consacrée à la région. 

Sept mois ont passé depuis que le président américain a menacé - pour la troisième fois - de s'emparer par la force du Groenland, un immense territoire autonome danois, provoquant une crise majeure entre alliés occidentaux.

Les tensions sont un peu retombées depuis entre Européens et Américains.

Mais les dirigeants européens n'ont pas oublié ces menaces et veulent désormais plancher ensemble sur les moyens de muscler leur empreinte dans la région, conscients également de la présence d'une Russie hostile de l'autre côté de la longue frontière finlandaise.

Pour eux, Moscou constitue une "menace importante et durable" sur la sécurité.

Présents à Rovaniemi, une ville finlandaise connue pour être la demeure du Père Noël : le chancelier allemand Friedrich Merz et la Première ministre danoise Mette Frederiksen. Mais aussi des dirigeants de pays qui n'ont pas d'intérêt direct dans l'Arctique, comme le président roumain Nicușor Dan.

L'objectif: montrer que "ce qui se passe ici n'est pas une affaire régionale. C'est une question européenne", a souligné le président du Conseil européen Antonio Costa à la presse.

Préoccupations environnementales

Aucune décision officielle n'a été prise à ce sommet. 

Mais cette réunion intervient dans le contexte de la présentation attendue dans les prochaines semaines par la Commission européenne d'une nouvelle stratégie pour l'Arctique. Ce document doit définir les grandes orientations de Bruxelles dans la région pour les années à venir.

Les Etats membres et leurs dirigeants ont encore la possibilité d'influer sur le contenu du texte final. 

"Nous devrions renforcer l'engagement de l'Union européenne dans cette région afin de compléter les efforts de l'Otan", a ainsi plaidé Friedrich Merz au cours de la conférence de presse commune des dirigeants à Rovaniemi.

Après les menaces de Donald Trump en janvier, sur lesquelles il n'est pas totalement revenu, l'Alliance Atlantique avait déjà inauguré une nouvelle mission destinée à renforcer la sécurité dans l'Arctique.

La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, s'est quant à elle rendue au Groenland début septembre, apportant avec elle une enveloppe de 200 millions d'euros pour le territoire. Elle a alors promis que l'UE allait "être plus présente et engagée au Groenland et dans l'Arctique".

L'Arctique est également au cœur de préoccupations environnementales. Selon les experts, la région se réchauffe près de quatre fois plus vite que la moyenne mondiale sous l'effet du changement climatique, avec de lourdes conséquences pour les écosystèmes et les populations locales.

"Nous (l'UE) avons des politiques actives en place, et l'Arctique est clairement l'exemple le plus parlant en terme de réchauffement climatique (...) nous devons donc désormais parler d'adaptation en plus de la lutte", a dit à l'AFP Mme Kallas.

La fonte de la banquise ouvre par ailleurs de nouvelles perspectives économiques et stratégiques. La Russie, la Chine et les Etats-Unis ont ainsi intensifié leur présence dans cette zone, en particulier dans le but d'accéder à ses importantes ressources naturelles et de développer de nouvelles routes maritimes.

En août, la Chine et la Corée du Sud ont envoyé des porte-conteneurs sur la route maritime du Nord, qui traverse les eaux territoriales russes, afin d'en tester la viabilité. Cette voie devient navigable pendant des périodes de plus en plus longues à mesure que la banquise recule.